Des indigènes près de chez nous !


Par Cyrille Beaufils

Il existe deux types d’inconnus. Celui qui est si éloigné géographiquement et culturellement de nous qu’il éveille notre curiosité et notre imagination ; celui qui est si proche de nous qu’on croit pouvoir le juger facilement alors qu’on en ignore souvent tout. L’un est-il pourtant plus digne de respect que l’autre ?

Je suis passionné par les voyages et j’ai la chance de pouvoir en faire beaucoup. Ma curiosité me pousse chaque été à partir à des milliers de kilomètres pour découvrir d’autres cultures et confronter ma vision du monde à celle d’autres peuples.

Marcher dans la brousse avec les Massaï, rendre un culte à la Terre-Mère dans les Andes, méditer dans les temples bouddhistes du Népal : autant d’expériences qui rappelleront des souvenirs à certains et en feront rêver d’autres.

Elles ont en commun une même démarche : lorsque nous sommes confrontés à une autre culture, nous cherchons avant tout à la connaître et à la comprendre, avec un état d’esprit plus tourné vers l’émerveillement que vers la critique.

Pourquoi, de retour en France, refuser la même approche lorsque sont en jeu des traditions, des cultures ou des pratiques étrangères à notre quotidien ? La chasse à courre en est une. Je ne demande pas à ceux qui la critiquent de l’aimer ; j’invite simplement ceux qui ne la connaissent pas à lui donner une chance. Venez voir par vous-mêmes !

Mettez de côté pour quelques heures vos a priori et découvrez avec une curiosité sincère une culture inconnue ! Costumes, musique, langage, rapports humains et rapport à la nature : en tout point, la chasse à courre est un monde à part.

Comme toutes les cultures traditionnelles, la vènerie est à la fois forte et fragile : forte de traditions séculaires mais bien vivantes, fragile car à la merci d’un trait de plume ignorant qui anéantirait, en quelques mots, plus de mille ans d’histoire. Comme beaucoup de cultures traditionnelles, aussi, la vènerie connaît l’importance de l’hospitalité et de l’accueil du nouveau venu : les portes de nos chenils et les rendez-vous de nos chasses sont ouverts à tous les curieux, pour peu qu’ils viennent avec un intérêt sincère.

A ceux qui croient que la différence est une richesse, je dis : « nous, chasseurs à courre, sommes différents ».

A ceux qui cherchent dans les sagesses immémoriales un remède à la perte de repères de la modernité, je dis : « nous, chasseurs à courre, entretenons depuis des siècles un rapport à la nature sauvage qui mêle respect, beauté et mystère. » A ceux, enfin, qui luttent pour que les cultures indigènes ne soient pas anéanties par l’uniformisation du monde, je dis : « nous, chasseurs à courre, sommes une culture indigène. »

Venez la découvrir et prenez avec nous un « rendez-vous en terre inconnue » !

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